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Éditions Faton - Expositions - Zadkine sculpte la modernité au musée Zadkine

Zadkine sculpte la modernité au musée Zadkine

À l’occasion du centenaire de l’Art déco, le musée Zadkine met en lumière le travail de l’artiste dans le domaine des arts décoratifs.
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Ossip Zadkine, Oiseau, 1927. Exposition musée Zadkine
Ossip Zadkine (1888-1967), Oiseau, 1927. Albâtre et verre. Paris, musée Zadkine. Photo service de presse. © Adagp, Paris, 2026. Photo CC0 Paris Musées Collections

Sollicité pour l’Exposition internationale des arts décoratifs de 1925, Ossip Zadkine sculpta un grand relief pour le décor de la Pergola de la Douce France (Étampes), à la demande du critique d’art Emmanuel de Thubert qui souhaitait valoriser la pratique de la taille directe, procédé considéré comme plus moderne que le modelage et la fonte en vogue au XIXe siècle.

Encouragé par ce succès, il se lança dans la réalisation de grands décors : cadre de scène en plâtre doré pour le cinéma Métropole à Bruxelles, relief monumental en ciment moulé, intitulé Le Travail et les Loisirs, pour la façade de l’hôtel de ville de Poissy… Maquettes, esquisses et documents d’archives évoquent ces créations dans lesquelles l’artiste se plaisait à varier les styles, les effets et les matériaux.

Des collaborations avec des architectes

L’exposition s’intéresse également au travail de Zadkine avec des architectes-décorateurs de renom. Il collabora avec André Groult à l’aménagement de l’hôtel Mayen, mais aussi avec Marc du Plantier qui intégrait dans ses intérieurs les œuvres de son ami, dont Rebecca ou encore la Tête d’éphèbe, et avec Eileen Gray dont il réalisa un portrait stylisé, en granit aux yeux incrustés de marbre bleu.

L’intérêt renouvelé du sculpteur pour la couleur et pour les matières précieuses se manifestait dans ses Têtes, peintes à la façon des statues rituelles, ou encore dans son célèbre Oiseau d’or. Le Torse dHermaphrodite, sculpté en bois d’acacia par Zadkine, laqué par André Groult, et signé par les deux artistes, constitue le symbole de cette alliance entre la sculpture et les arts décoratifs.

Deux reliefs sauvés de l’hôtel Mayen

Alors que Femme et chien sculpté par Zadkine en 1927 pour la façade de l’hôtel Mayen figure en bonne place dans l’exposition, deux autres compositions provenant du même ensemble décoratif viennent de rejoindre les collections du musée. Ces œuvres comptent parmi les premiers bas-reliefs exécutés par le sculpteur qui avait jusqu’alors surtout pratiqué la ronde-bosse.

Le musée Zadkine (qui conservait déjà quatre médaillons en albâtre représentant des natures mortes issues du même hôtel particulier parisien) a réussi à acquérir par préemption chez Ader en novembre 2025 (351 000 € frais inclus), grâce au soutien de Paris Musées et du ministère de la Culture, Femmes et chiens et Trois Cerfs. Il réunit ainsi l’ensemble des sculptures réalisées par Zadkine pour la demeure de Lucie Mayen. Édifié en 1923 par Charles Adda, l’hôtel particulier décoré par André Groult, figure majeure de l’Art déco, fut détruit en 1988 lors du réaménagement du collège Saint-Louis de Gonzague, malgré son intérêt patrimonial.

Ossip Zadkine, Femmes et chiens, 1927. Bas-relief, pierre sculptée
Ossip Zadkine (1888-1967), Femmes et chiens, 1927. Bas-relief, pierre sculptée, 185 x 225 cm. Paris, musée Zadkine. Photo service de presse. © Adagp, Paris, 2026. Photo Ader Nordmann & Dominique

« Zadkine Art déco », Jusqu’au 12 avril 2026, Musée Zadkine, 100 bis rue d’Assas, 75006 Paris. Tél. 01 55 42 77 20. www.zadkine.paris.fr
Catalogue, Paris Musées, 160 p., 30 €.

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