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Éditions Faton - Expositions - L’impressionnisme allemand s’expose au musée Frieder Burda

L’impressionnisme allemand s’expose au musée Frieder Burda

Le musée Frieder Burda explore toute la diversité de l’impressionnisme allemand, au fil d’une exposition déployant quelque 110 œuvres de vingt-deux artistes. Elle sera ensuite présentée au musée Barberini de Potsdam avec lequel elle est co-organisée.
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Max Lieberman Le Potager à Wannsee à l'ouest
Max Liebermann (1847-1935), Le Potager à Wannsee à l’ouest, avec un jardinier sur le chemin, 1924. Huile sur bois, 61 x 75 cm. Collection privée.

En septembre 1883, Vincent van Gogh réside à Hoogeveen, dans la Drenthe aux Pays-Bas. Dans une lettre à son frère Theo, il décrit les paysages austères et magnifiques de la région. Theo ayant évoqué le tableau La Blanchisserie de Zveeloo (1882-1883) – ­Zveeloo se situe aussi dans la Drenthe – que Max ­Liebermann (1847-1935) a présenté au Salon de 1883, Vincent commente « les taches d’ombre et de lumière causées par les rayons du soleil à travers le feuillage » que peint l’artiste allemand.

Liebermann, le fondateur

Les mêmes rayons de soleil illuminent Le Jardin de l’orphelinat d’Amsterdam (1894) et permettent de comprendre pourquoi Liebermann est considéré comme le fondateur de l’impressionnisme allemand, avec Lovis Corinth (1858-1925) et Max Slevogt (1868-1932). L’une de ses premières œuvres impressionnistes, Temps libre à l’orphelinat ­d’Amsterdam (1881-1882), qui sera exposée à Potsdam, a été acquise en 1900 par la toute nouvelle association des amis du Städel Museum de Francfort. C’était un acte politique car la société allemande, conservatrice, haïssait cet art qui devait plus tard être considéré comme « dégénéré ».

Tons clairs et vie moderne

Pourtant, aux yeux des Français, Liebermann n’est pas à proprement parler un impressionniste. Vivant à Paris de 1873 à 1878, il ne découvre cette révolution que de retour en Allemagne et il n’adoptera jamais la touche fragmentée. Mais ses tons clairs, ses paysages façonnés par la lumière et ses sujets tirés de la vie moderne justifient qu’on le classe dans cette mouvance. Comme lui, Lovis Corinth, établi à Paris de 1884 à 1887, ne comprend pas tout de suite l’impressionnisme. Il l’adopte au tout début du XXe siècle et le pousse plus tard jusqu’à une forme d’expressionnisme. Ses larges coups de brosse, sa science de la couleur et de la lumière s’expriment magnifiquement dans Soleil du matin (1910), montrant son épouse qui se réveille enveloppée des premières lueurs du jour.

Lovis Corinth Femme lisant
Lovis Corinth (1858-1925), Femme lisant, 1911. Huile sur toile, 45 x 70 cm. Collection privée.

Natures mortes et paysages nocturnes

Ce sont aussi les empâtements généreux et l’art de la couleur qui caractérisent Max Slevogt. Il faisait merveille dans les bouquets et les natures mortes, telle Nature morte avec des lapins en chocolat (1923), mais aussi dans ses portraits d’artistes en scène ou d’enfants dans leur vie quotidienne. Comme Liebermann, il a aménagé son jardin pour en peindre des vues pleines de charme. On remarquera également les scènes nocturnes presque abstraites de Berlin peintes à partir de 1915 par Lesser Ury, qui rappellent Nuit étoilée sur le Rhône (1888) de Van Gogh ou Tramways du Dam à Amsterdam la nuit (vers 1890-1893) du Néerlandais George Hendrik Breitner. Quant aux Garçons nageant (1911) de Philipp Franck, ils évoquent Garçons se baignant(1902) du Danois Peter Hansen.

Au-delà de la découverte de superbes tableaux, l’exposition a le mérite d’inciter le visiteur à reconsidérer sa perception de l’impressionnisme, un mouvement qui, depuis la France, s’est répandu en s’hybridant dans toute l’Europe tandis que naissaient d’autres avant-gardes.

« L’impressionnisme en Allemagne. Max Liebermann et son époque », jusqu’au 8 février 2026 au musée Frieder Burda, Lichtentaler Allee 8b, 76530 Baden-Baden. Tél. 00 49 72 21 39 89 80. www.museum-frieder-burda.de

Catalogue, Prestel, disponible en versions allemande et anglaise, 288 p, 39 €.

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