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Éditions Faton - Expositions - Chypre dévoile son histoire plurimillénaire à la Bibliothèque nationale de France

Chypre dévoile son histoire plurimillénaire à la Bibliothèque nationale de France

À l’occasion de la présidence de Chypre du Conseil de l’Union européenne au premier semestre 2026, la Bibliothèque nationale de France a sélectionné quelques œuvres majeures de ses collections (antiquités, manuscrits, dessins, gravures et documents d’archives) afin d’illustrer l’histoire plus que millénaire de cette île située au carrefour de la Méditerranée et du Proche-Orient.
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Aux XVIIIe et XIXe siècles, Chypre n’échappe pas à l’engouement des voyageurs, érudits et artistes pour l’Orient : Jean Pillement et François Denis Née, d’après Louis François Cassas (1756-1827), « Vue d’une mosquée de Famagouste en Cypre », gravure tirée de Voyage pittoresque de la Syrie, de la Phœnicie, de la Palestine et de la Basse Égypte, Paris, 1799.
Jean Pillement et François Denis Née, d’après Louis François Cassas (1756-1827), « Vue d’une mosquée de Famagouste en Cypre », gravure tirée de Voyage pittoresque de la Syrie, de la Phœnicie, de la Palestine et de la Basse Égypte, Paris, 1799. Photo service de presse. © Fondation culturelle de la Banque de Chypre

Selon certaines versions du mythe, Aphrodite serait née sur une plage de Chypre, surgie des eaux soulevées par un rocher lancé par un Titan.

Aphrodite et Astarté ne font qu’une

Tout comme le mythe de la déesse, l’art chypriote antique est marqué par les influences croisées de l’Orient phénicien, assyrien, égyptien et perse, et des civilisations mycénienne et égéenne. Le fragment de tête d’une statue de la Grande Déesse chypriote, identifiable grâce à son bijou frontal, qui emprunte autant à l’Aphrodite grecque qu’à l’Astarté syro-phénicienne, en est une belle illustration.

Antiquités de Chypre : statuette féminine, début du IVe siècle avant notre ère.
Statuette féminine, début du IVᵉ siècle avant notre ère. Paris, Bibliothèque nationale de France. Photo service de presse. © BnF, département des Monnaies, médailles et antiques

Une église autocéphale

Initiée par Paul et Barnabé (martyrisé près de Salamine), la christianisation précoce de Chypre aboutit à la reconnaissance de l’autocéphalie (indépendance totale sur le plan juridique comme sur le plan spirituel) de son église au Ve siècle.

Du gothique parmi les palmiers

Alors dans le giron de l’Empire byzantin, l’île est conquise au cours de la troisième croisade par Richard Cœur de Lion puis cédée à la famille aquitaine des Lusignan en 1192. Les constructions gothiques qui y fleurissent alors (la cathédrale de Famagouste, notamment) témoignent de ce nouveau statut de royaume latin.

Les constructions gothiques fleurissent sur l'île de Chypre durant l'occupation franque : Louis de Clercq (1837-1901), La cathédrale de Famagouste, façade et chevet, 1859-1860.
Louis de Clercq (1837-1901), La cathédrale de Famagouste, façade et chevet, 1859-1860. Paris, Bibliothèque nationale de France. Photo service de presse. © BnF, département des Estampes et de la photographie

Un monachisme orthodoxe vivace

La figure de Néophyte le Reclus, qui fonde le monastère de l’Enklistra, à proximité de Paphos, incarne la permanence et la vivacité du monachisme orthodoxe malgré la conquête franque. Son Grand Panégyrikon (recueil de textes hagiographiques) est exposé aux côtés du plus ancien manuscrit chypriote connu, un Tétraévangile de la fin du Xe siècle provenant du monastère des Prêtres à Paphos.

Le monachisme orthodoxe reste très vivace à Chypre : Néophyte le Reclus, Grand Panégyrikon, monastère de l’Enklistra, Paphos, début du XIIIe siècle.
Néophyte le Reclus, Grand Panégyrikon, monastère de l’Enklistra, Paphos, début du XIIIᵉ siècle. Paris, Bibliothèque nationale de France. Photo service de presse. © BnF, département des Manuscrits

Sous la patte du lion de saint Marc

L’influence croissante des républiques maritimes italiennes aboutit, à partir du milieu du XVe siècle, à la mainmise de Venise sur le gouvernement de l’île, formellement parachevée avec l’abdication de Catherine Cornaro, veuve de Jacques II et dernière reine de Chypre, en 1489. Cette histoire fera bien plus tard, en 1841, l’objet d’un célèbre opéra français qui restera six années de suite au répertoire de l’Opéra de Paris (les dessins des costumes, les maquettes de décor, ainsi que des partitions et caricatures parues dans la presse sont à découvrir dans le parcours de l’exposition).

La conquête ottomane

Le Codex Magius, manuscrit de 12 folios exclusivement composé d’images, commandité par le Vénitien Carlo Maggi, intendant des munitions de Nicosie réduit en esclavage, permet d’évoquer la violence de la conquête ottomane. La capitale tombe en effet en septembre 1570, et Famagouste, après plus d’un an de siège, en août 1571.

Le Codex Magius est un manuscrit enluminé commandité par le Vénitien Carlo Maggi, intendant des munitions de Nicosie réduit en esclavage par les Ottomans.
Codex Magius, manuscrit enluminé, Venise, 1578. Paris, Bibliothèque nationale de France. Photo service de presse. © BnF, département des Estampes et de la photographie

Relations au beau fixe avec le royaume des Lys

L’île noue à l’époque moderne des relations commerciales et diplomatiques privilégiées avec la France. C’est à l’initiative de Colbert que de nombreux manuscrits grecs et orientaux sont alors collectés pour la Bibliothèque royale afin de tenter de faire la lumière sur le mystère de la transsubstantiation (transformation du pain et du vin en corps et sang du Christ). Le département des Manuscrits de la Bnf, qui en a hérité, conserve ainsi la plus grande collection de manuscrits chypriotes au monde…

Dans le viseur des Occidentaux

Aux XVIIIe et XIXe siècles, l’île n’échappe pas à l’engouement des voyageurs, érudits et artistes pour l’Orient, tels Luigi Mayer (1755-1803) ou Louis-François Cassas (1756-1827), dont la Fondation culturelle de la Banque de Chypre, partenaire de l’exposition, prête cinq gravures de ruines réalisées pour son Voyage pittoresque de la Syrie, de la Phœnicie, de la Palestine et de la Basse-Égypte (1799). Plus tard, Camille Callier (1804-1889), ingénieur géographe, en dresse une carte topographique, et Louis de Mas Latrie (1815-1897), chartiste, y réalise des estampages d’inscriptions épigraphiques et de pierres tombales de l’époque franque.

« Chypre à la BnF », jusqu’au 14 juin 2026 à la BnF Richelieu, rotonde du musée, 5 rue Vivienne, 75002 Paris. Tél. 01 53 79 53 79. www.bnf.fr

Chypre s’invite au Louvre

C’est une première : le musée du Louvre – qui conserve l’une des plus importantes collections d’antiquités chypriotes au monde – accueille seize œuvres emblématiques prêtées par le département des Antiquités du ministère de la Culture de la République de Chypre. Les idoles cruciformes en picrolite du mont Troodos, les statues de guerrier et de prêtre en terre cuite découvertes par la mission suédoise dans les années 1930 dans le sanctuaire d’Ayia Irini ou encore le lingot de cuivre mis au jour dans l’un des sanctuaires d’Enkomi s’invitent durant cinq mois dans les salles d’archéologie chypriote de l’institution parisienne, invitant le visiteur à mieux comprendre les productions matérielles et les échanges commerciaux et culturels qui se développent dans l’île au chalcolithique et à l’Âge du bronze.

Statue votive mise au jour à Ayia Irini sur l'île de Chypre.
Statue votive mise au jour à Ayia Irini. Photo service de presse. © Deputy Ministry of Culture Department of Antiquities Cyprus

« Chypre au Louvre », jusqu’au 22 juin 2026 au musée du Louvre, aile Sully, salles 300 et 316, 75001 Paris. Tél. 01 40 20 53 17. www.louvre.fr

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