Le sommeil absorbe une part substantielle de nos existences (même celles des insomniaques). Inspirant, restaurateur, peuplé de rêves suaves ou terrifiants, il offre quotidiennement une expérience limite approchant celle de la mort. L’instructive exposition du musée Marmottan Monet invite à partir à la rencontre des dormeurs et dormeuses de l’histoire de l’art.
Sous un titre baudelairien – « Le Phare Rembrandt » –, l’exposition du musée des Beaux-Arts de Draguignan explore une passion française à la fois assouvie et contrariée, celle des amateurs et des peintres qui s’entichèrent de Rembrandt à partir de la fin du règne de Louis XIV et l’érigèrent au rang d’artiste de référence, et bientôt de mythe.
Opportunément acquis à Paris par Robert Sterling Clark au cours de l’été 1914 (le premier propriétaire, français, du tableau demeure, hélas, inconnu), Fumée d’ambre gris est l’un des premiers chefs-d’œuvre du peintre, qui s’inscrit ici de manière assez singulière – et plastiquement superbe – dans le courant orientaliste.
Le reproche adressé à John Singer Sargent d’avoir été un portraitiste conventionnel et complaisant apparaît dans sa parfaite inanité avec Les Filles d’Edward Darley Boit, tableau d’une étrangeté magnétique consistant, selon l’universitaire américain Bill Brown en un « portrait de vases » et une « nature morte de filles ».
Plus de 140 ans nous séparent du portrait de Madame Ramón Subercaseaux (actuellement exposé au musée d’Orsay), et nul doute qu’une partie du public ne distinguera dans cette élégante effigie mondaine qu’un tableau « académique » de plus exécuté avec un métier aussi vain qu’impeccable. À tort ?





