Lise Tréhot, la jeune nymphe
Renoir rencontre Lise Tréhot (1848-1922) en 1865. La jeune fille de 17 ans ne tarde pas à devenir son modèle et sa maîtresse. Durant sept ans, elle est omniprésente dans ses tableaux où elle apparaît en Diane chasseresse, en Femme à l’ombrelle, en Bohémienne, en Odalisque algérienne ou encore en Baigneuse avec griffon. C’est avec elle qu’il ose se lancer dans la peinture de nu, abordée jusqu’alors prudemment sous couvert de mythologie : Lise y est déesse ou, comme dans ce tableau, nymphe. Le couple a deux enfants, un garçon mort en bas âge et une fille qu’ils ne reconnaissent ni l’un ni l’autre.

Marguerite Legrand, l’étoile foudroyée
Marguerite Legrand, alias Anne-Henriette Lebœuf (1856-1879), souvent surnommée Margot, est une habituée de l’atelier du peintre de la rue Saint-Georges, dans le IXe arrondissement de Paris, entre 1875 et 1879. Renoir apprécie son naturel et la peint volontiers dans des scènes de la vie quotidienne, comme ici chez la modiste. Les courriers très inquiets qu’il adresse aux docteurs Gachet et Bellio lorsqu’elle tombe gravement malade ne font guère de doute quant à leurs relations. La jeune femme meurt de la variole à seulement 23 ans.

Ellen Andrée aux premières loges
Les comédiennes constituent le principal vivier de modèles pour Renoir. On y croise Henriette Henriot (1857-1944), Jeanne Samary (1857-1890) ou encore Ellen Andrée (1856-1933). Cette dernière, qui a d’abord posé pour Degas et Manet, est assise à table dans La Fin du déjeuner, tableau peint en 1879 et aujourd’hui conservé au Städel Museum. Nous la retrouvons également dans Le Déjeuner des canotiers (1880-1881). L’exposition du musée d’Orsay offre l’occasion de rendre leur identité aux modèles de Renoir et de corriger certaines identifications erronées : le tableau nommé Alphonsine Fournaise (1879) représenterait ainsi plus probablement Ellen Andrée.

Aline Charigot, l’épouse et la mère
L’artiste fait la connaissance d’Aline Charigot (1859-1915) en 1878. Toujours à l’affût de jolies filles pour ses tableaux, il se met à courtiser la voluptueuse couturière de 19 ans. L’apparition d’Aline dans sa peinture se traduit par des toiles joyeuses mettant en scène le bonheur d’être à deux, à Paris ou dans ses environs. Celle qu’il épouse en 1890 et qui lui donne trois fils – Pierre, Jean et Claude – doit cependant lutter pour conserver son statut de muse : dans la Danse à Bougival, elle exige que le visage de sa rivale Suzanne Valadon soit effacé et remplacé par le sien !

Gabrielle Renard, le soleil des dernières années
Gabrielle Renard (1878-1959), une cousine d’Aline, est engagée par les Renoir en 1894 afin de s’occuper de leur deuxième fils à naître. Elle va rester 18 ans au service de la famille. Sa présence s’avère également capitale pour le peintre dont la vieillesse, marquée par les rhumatismes, est douloureuse. Elle a la beauté et le rayonnement solaire de cette jeunesse qu’il aime tant à peindre. Gabrielle pose près de deux cents fois pour lui, en gouvernante de ses fils ou bien seule, habillée ou costumée, mais aussi complètement nue, et lui inspire quelques-uns de ses tableaux les plus sensuels.

« Renoir et l’amour. La modernité heureuse (1865-1885) », jusqu’au 19 juillet 2026 au musée d’Orsay, Esplanade Valéry Giscard d’Estaing, 75007 Paris. Tél. 01 40 49 48 14. www.musee-orsay.fr
À voir également : « Renoir dessinateur », jusqu’au 5 juillet 2026 au musée d’Orsay, Esplanade Valéry Giscard d’Estaing, 75007 Paris. Tél. 01 40 49 48 14. www.musee-orsay.fr
À lire :
Renoir et l’amour
L’Objet d’art hors-série n° 185
Éditions Faton, 67 p., 11 €










