Les Figures allégoriques des villes d’Herculanum et de Pompéi de François-Édouard Picot, Frédégonde et Chilpéric d’Auguste Couder, et tout récemment L’Obole de la veuve, vaste composition de François-Joseph Navez qui attire tous les regards par son coloris virtuose… Les trois œuvres récemment données sous réserve d’usufruit au musée des Beaux-Arts d’Orléans par Antoine Béal sont à l’origine de cette exposition qui met en lumière l’acuité de son goût autant que sa générosité de donateur.
Un collectionneur exigeant et généreux
Elles font partie de la soixantaine de tableaux, patiemment réunis au fil des décennies, qui sont exceptionnellement présentés au public. Si Chemin dans les rochers à Sassenage (Isère) de Léon Fleury a été offerte au Louvre qui ne comptait pas encore d’œuvres de ce peintre de paysage romantique, et La Mort de Camille de François-Xavier Fabre donnée au musée Girodet de Montargis, la grande majorité des toiles est habituellement accrochée dans l’appartement parisien d’Antoine Béal. Il s’agit donc d’une véritable découverte d’œuvres insignes du XVIIᵉ au XIXᵉ siècle, et notamment de tableaux aussi remarquables que Le Mariage de la Vierge de Jacques Stella et Le Jeune Gaston, dit l’Ange de Foix de Claudius Jacquand.

Peinture française du XVIIᵉ, romantisme, paysages
Les différentes sections du parcours de visite permettent de suivre la manière dont Antoine Béal a progressivement rassemblé ses tableaux. Elles dressent le portrait d’un collectionneur exigeant, intéressé aussi bien par la peinture française du XVIIᵉ siècle (La Résurrection de Lazare de Jacques Stella, L’Enlèvement de Proserpine de Nicolas Mignard, Le Centurion auprès du Christ de Louis II de Boullogne, Vénus sur son char et les trois Grâces couronnant l’Amour de Nicolas Colombel) que par la veine romantique (Léon X et Raphaël au Vatican de Robert-Fleury, Personnages se recueillant sur la tombe de Charles X à Gorizia de Turpin de Crissé, Portrait de Domenico Antonio dit aussi Un Jeune Italien de Lehmann) et la peinture de paysage (Paysans devant l’entrée d’une ville de Thomas Wijck, Vue du port de Skive de Peter Vilhelm Kyhn).

Au plus près des recherches en histoire de l’art
L’exposition souligne naturellement la proximité du collectionneur avec le monde des musées. Suivant de près les recherches en histoire de l’art, Antoine Béal acquiert des œuvres d’artistes récemment remis en valeur dans de grandes rétrospectives, comme La Courtoisie du chevalier Bayard de Nicolas-Guy Brenet et Le Repos de la Sainte Famille en Égypte de Louis Gauffier. Il prépare également leur futur destin par ses dons sous réserve d’usufruit consentis au Louvre, mais aussi aux musées de Rennes, Lyon, Montpellier, Montargis, Amiens et Strasbourg. Un « art de transmettre » qui méritait bien une exposition.
« L’art de transmettre. La collection Antoine Béal », jusqu’au 29 mars 2026 au musée des Beaux-Arts, place Sainte-Croix, 45000 Orléans. Tél. 02 38 79 21 86. www.orleans-metropole.fr
À lire : catalogue, coédition musée des Beaux-Arts d’Orléans / Silvana Editoriale, 160 p., 28 €.









