La chasse à la licorne est ouverte au musée de Cluny.
Les licornes inspirent enlumineurs et orfèvres
La créature fantastique qui figure en majesté sur les tapisseries de la Dame à la licorne se retrouve également dans bien d’autres œuvres des collections, telle la Tenture de saint Étienne. Poursuivie par un chasseur sonnant du cor, elle galope sur un coffret médiéval en bois sculpté, prend la forme d’un aquamanile en cuivre ou encore siège en bonne place dans les enluminures des manuscrits. Car sa symbolique complexe en fait un sujet très prisé par les peintres, mais aussi les sculpteurs, les enlumineurs, les orfèvres…

Des créatures exotiques
Ses multiples significations forment le cœur de l’exposition, qui les décline à travers dix sections thématiques. Au Moyen Âge et à la Renaissance, la licorne passe pour un animal sauvage et dangereux. Prête à l’attaque, elle poursuit un éléphant et le menace de sa longue corne acérée sur une bordure de décor en céramique de Kashan (actuel Iran) datée du XIIIe siècle. Elle est considérée comme une créature réelle, mais exotique ; son existence semble confirmée par les récits de voyage (Le Livre des Merveilles de Marco Polo, mais aussi Le Saint Voyage vers Jérusalem de Bernhard von Breydenbach, chanoine de la cathédrale de Mayence), et surtout les immenses dents de narval.

Précieuses dents de narval
Interprétées comme d’authentiques cornes de licornes, ces curiosités naturelles sont achetées à prix d’or, car elles ont la réputation d’être dotées du pouvoir thérapeutique de protéger des poisons et de purifier les breuvages. Elles sont donc parfois transformées en récipient, telle cette chope sculptée en dent de narval, ornée de petites licornes en argent, prêtée par le château de Rosenborg au Danemark. De précieuses montures d’orfèvrerie sont également réalisées pour magnifier des fragments de corne, tel le Danny Jewel conservé au Victoria and Albert Museum.

Entre amour et chasteté
Associée à la pureté et à la virginité, la licorne est fréquente auprès d’une jeune fille qui parvient à la capturer. L’animal apparaît alors tendre et doux sur le tableau vénitien Femme et licorne, provenant du Rijksmuseum. Si la chasse à la licorne peut être interprétée comme une quête amoureuse, elle revêt enfin une signification religieuse. Un tableau sur verre rapproche ainsi deux représentations, profane et sacrée : une jeune fille accompagnée d’une licorne et une Vierge à l’Enfant.
De nouvelles symboliques
Au fil des siècles, l’animal ne cesse d’inspirer les artistes qui lui confèrent de nouvelles symboliques. La Licorne de Niki de Saint Phalle propose une vision renouvelée de la féminité, tandis que la tapisserie de Suzanne Husky, La noble pastorale, interroge le rapport de la société contemporaine à la nature et à l’écologie tout en rendant hommage à la tenture de la Dame à la licorne.









