Tout commence, comme d’habitude, par des fouilles : depuis plusieurs décennies, les sous-sols de l’Oise livrent, au fil des opérations, de riches nécropoles du début du Moyen Âge.
Des bijoux d’une grande finesse mis au jour
Celles des Marmousets, de Cuignières et de Bulles dévoilent ainsi leur lot de bijoux mérovingiens d’une grande finesse : bagues, colliers de perles, bracelets, ceintures ou chaînes-ceintures (où sont suspendus divers ustensiles et amulettes), boucles d’oreilles et fibules de formes variées qui ont paré, entre le Ve et le VIIe siècle, hommes, femmes et enfants.

Secrets de fabrication mérovingiens
Réalisée en partenariat avec l’Inrap, avec la collaboration de la Drac Hauts-de-France et du Service régional de l’archéologie, l’exposition dévoile donc ces pièces récemment mises au jour grâce aux trois axes majeurs du parcours : « fabriquer », « porter » et « symboliser », comme autant de clefs pour comprendre cet art de l’embellissement de soi. Plongeant d’abord dans les secrets de fabrication de ces créations, parfois minuscules, nous explorons modes de fabrication et prouesses techniques – niellage, moulage, damasquinure, cloisonné, monté en bâte – au travers d’objets rarement exposés ; et à cette époque (comme aujourd’hui), seuls quelques artisans (encore mal connus faute de sources historiques) du métal, du verre et des pierres possèdent les compétences nécessaires pour créer de tels ensembles.
Grenats d’Inde et du Sri Lanka
Peu à peu se dévoile un univers qui n’a rien à envier au monde antique, où les grands axes de communication et d’échange permettent d’acheminer des grenats d’Inde et même du Sri Lanka. Désormais inhumés, les défunts sont accueillis dans l’au-delà vêtus, parés de bijoux (parfois aussi déposés à leurs côtés) et accompagnés de vaisselles en céramique ou d’accessoires utilitaires (couteaux, peignes, briquets ou pinces à épiler). Indirectement se lisent alors modes vestimentaires, identité et statut des défunts.

Un goût prononcé pour les représentations animales
Longtemps perçu comme une sorte de transition entre Antiquité et renaissance carolingienne, le monde mérovingien mérite davantage de reconnaissance. Bien que s’inscrivant dans les traditions séculaires romaines, il change, devient plus perméable aux influences germaniques et scandinaves, et crée son propre code visuel. On y perçoit, entre autres, un goût prononcé pour les représentations animales (chevaux, aigles, serpents, créatures hybrides) souvent très stylisées, et de facto une montée en puissance des symboles chrétiens (comme la croix ou certains épisodes bibliques). Les fouilles passées l’ont montré, celles à venir le confirmeront : loin de la désuète image d’Épinal, le monde de Clovis a tout pour être héroïque.
« Mon Précieux ! Parures et bijoux mérovingiens », du 14 février au 27 septembre 2026 au musée archéologique de l’Oise, 1 rue Les Marmousets, 60120 Vendeuil-Caply. Tél. 03 64 58 80 00, www.m-a-o.org









