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Éditions Faton - Expositions - La Grèce de Clemenceau

La Grèce de Clemenceau

Connu pour son goût de l’Orient, Georges Clemenceau (1841-1929) était aussi un fin philhellène. Une passion héritée de l’enfance qui a aiguillé toute son action politique. Une petite exposition dossier nous le raconte dans le musée-appartement du Tigre à Paris.
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Clemenceau et la Grèce
Vue de l'exposition « Clemenceau et la Grèce » au musée Clemenceau à Paris. © Musée Clemenceau

Grand voyageur, Clemenceau aime à comprendre les cultures et la nature des pays étrangers.

Une archéologie nécessaire pour comprendre le présent

Il se rend en Grèce à plusieurs reprises, en 1896, puis en 1904 auprès de l’archéologue crétois Iossif Hatzidakis, vivement intéressé par la découverte des sites de Phaistos et de Cnossos. Passionné par l’archéologie, il y voit bien plus qu’une science érudite du passé : selon ses mots, elle permet de « pénétrer d’un bond au cœur de l’inconnu » mais n’en reste pas moins essentielle pour comprendre le présent.

Quand le Tigre se mêle de fouilles et de reconstruction

Soutenant activement les travaux de l’École française d’Athènes, notamment à Delphes, il finance même des fouilles en Phocide pour retrouver « la Schisti », légendaire carrefour où Œdipe aurait tué Laïos, son père… Un engagement qui s’immisce également dans les débats sur la reconstruction du Parthénon, quand il défend l’anastylose (une reconstruction avec les matériaux d’origine) contre une simple restauration.

exposition Clemenceau Grèce
Vue de l’exposition « Clemenceau et la Grèce » au musée Clemenceau à Paris. © Musée Clemenceau

Un idéal de beauté et de raison

S’appuyant sur la collection personnelle de Clemenceau (qui, s’il n’était pas un collectionneur maniaque, aimait s’entourer de moulages, de gravures, de photographies d’œuvres antiques), l’exposition souligne comment cet amour de la Grèce a profondément infusé dans sa manière de penser la politique. Il y puise sa conception de l’État : un solide patriotisme (l’impérative union nationale qui refuse par ailleurs de haïr autrui), d’inaliénables libertés individuelles, une nécessaire éducation du peuple, et une ferme autorité de la loi. La démocratie s’y déploie pleinement, nourrie d’ardentes discussions publiques.

Sous le patronage d’Athéna

Enracinée dans sa personnalité, cette fascination pour la Grèce classique se décline dans tous les aspects de sa vie. Ainsi, il goûte l’art de l’éloquence, en particulier celle de Démosthène, dont il écrit une biographie (une éloquence, nourrie par une improvisation délibérée, qui atteint des sommets lors de la Première Guerre mondiale) ; il compare par ailleurs son grand ami, Claude Monet, à Prométhée, voyant en lui celui qui apporte le feu divin aux hommes ; il se place, enfin, sous le patronage d’Athéna, déesse de la Sagesse et de la Paix – il choisit même l’empreinte d’une monnaie athénienne, représentant la chouette de la divinité, pour sceller le traité de Versailles et une Athéna casquée, pensive, appuyée sur sa lance, pour son tombeau.

Pour une République forte et généreuse

On profitera aussi de cette enrichissante visite pour (re-)découvrir la très longue carrière de cet acteur politique de premier plan (entre autres maire de Montmartre, journaliste, dreyfusard, hostile à la colonisation ou ministre de la Guerre), haï des uns, adulé par d’autres, un homme aux mille surnoms (le Tigre, le tombeur de ministère…), qui, toute sa vie durant, œuvra pour une République forte et généreuse, inflexible et solidaire.

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