Le département et le littoral de la Gironde conservent de multiples traces des guerres mondiales.
Au cœur des deux guerres mondiales
Lors de la Grande Guerre, Bordeaux devient l’un des principaux points d’appui logistique au front de l’Ouest et voit ses infrastructures se développer massivement lors de l’entrée en guerre des États-Unis en 1917. Outre cinq années d’occupation allemande durant la Seconde Guerre mondiale, la Gironde est également, dans les derniers mois du conflit, le théâtre d’opérations terrestres et aériennes qui délimitent deux fronts distincts de part et d’autre de l’estuaire.
Des prospections-inventaires annuelles
La matérialité de ce patrimoine, ainsi que la mémoire collective qui l’accompagne, font de ce département un secteur propice à une recherche archéologique. Après un premier état des lieux, est donc née l’idée d’aborder ces traces par des prospections-inventaires annuelles. Depuis 2023, elles sont menées sous l’égide du ministère de la Culture, avec le soutien d’Hadès, du Service archéologie Bordeaux Métropole et du laboratoire Ausonius.
Une base de données exhaustive
L’approche méthodologique repose sur deux principes complémentaires, impliquant des investigations de terrain. Il s’agit, en premier lieu, d’identifier les vestiges en constituant une base de données aussi exhaustive que possible, afin de faciliter les recherches sur les différents thèmes étudiés. Grâce aux recueils de multiples sources – archéologiques, historiques, iconographiques –, l’inventaire prend en considération l’ensemble des matérialités, qu’elles soient visibles ou non, allant de la simple inscription aux imposants ouvrages en béton.
Un inventaire cartographié
Le second principe méthodologique consiste à intégrer cette base de données à un système d’informations géographiques (SIG), qui joue un rôle central dans l’organisation et la structuration de l’information archéologique et historique. Il permet de croiser un grand nombre de données et d’outils tout en créant, petit à petit, une cartographie du patrimoine des conflits mondiaux. Chaque renseignement propre à un monument ou à un vestige est récapitulé sous forme de fiche, associée à des illustrations et à des références bibliographiques ou d’archives.

Une volonté commune de sauvegarder des sites et des traces matérielles vulnérables
En outre, cet outil permet d’aborder chaque entité selon diverses thématiques ou au sein d’ensembles géographiques. Il fournit ainsi un support de recherche fiable et favorise l’élaboration de problématiques scientifiques pertinentes. Ce travail collectif contribue à valoriser un patrimoine délaissé et méconnu, auquel l’archéologie apporte, par ses méthodes et ses problématiques propres, une documentation nouvelle et originale. En tissant des liens avec différents acteurs (Ausonius, Drac, Drassm, opérateurs d’archéologie et associations historiques), ces premières années de travail mettent en exergue une volonté commune de sauvegarder, par l’étude, des sites et des traces matérielles vulnérables. Face aux menaces naturelles et anthropiques, leur disparition progressive du paysage renforce la nécessité de les prendre en considération.
Quentin Baril, archéologue à Hadès, membre associé à l’Institut de recherche Ausonius, UMR 5607, avec la collaboration de Jérémy Bonnenfant, archéologue au SA Bordeaux-Métropole, membre associé à l’Institut de recherche Ausonius, UMR 5607









