Après l’annonce par le Mexique de la découverte d’une tombe zapotèque datée d’environ 600 de notre ère, c’est désormais au tour du Panama d’être au centre de l’actualité archéologique préhispanique.
L’un des cimetières préhispaniques les plus importants de la région
La sépulture se trouve à El Caño, dans le district de Natá, à environ 200 kilomètres au sud-ouest de la capitale, Panama City, où des archéologues ont déjà mis au jour d’autres vestiges. Neuf tombes similaires à celle-ci ont en effet déjà été fouillées sur ce site, exploré depuis 2009 et considéré comme l’un des cimetières préhispaniques les plus importants de la région.

Une sépulture de haut rang
Baptisée « tombe 3 », cette tombe aménagée entre 800 et 1000 de notre ère, présente une structure funéraire complexe. Julia Mayo, l’archéologue en charge de la fouille, a précisé à la presse qu’il s’agissait d’une sépulture multiple comprenant un défunt principal, allongé, et plusieurs autres individus. Nous sommes donc très probablement en présence d’un personnage de haut rang.
Au royaume de l’or
Supposition confirmée, si besoin était, par la présence de bijoux en or – bracelets, pectoraux et boucles d’oreilles – sur le corps du défunt. « L’individu avec l’or est celui qui avait le statut social le plus élevé du groupe », souligne Julia Mayo. Les bijoux pectoraux sont ornés de motifs de chauves-souris et de crocodiles. Des céramiques finement ouvragées, à l’iconographie caractéristique de la tradition artistique locale, complètent ce mobilier funéraire riche et abondant.

Un réseau d’échanges à l’échelle régionale
La présence de sépultures particulièrement riches, notamment en objets métalliques, confirme, selon les spécialistes, l’appartenance d’El Caño à un réseau d’échanges régional qui incluait d’autres centres contemporains, comme le site de Sitio Conte. Les similitudes stylistiques et technologiques entre les objets trouvés sur les deux sites renforcent l’hypothèse d’une tradition culturelle commune et de relations politiques et économiques étroites. Les nouvelles données fournies par la tombe 3 invitent à réévaluer ces relations et à mieux appréhender les dynamiques historiques régionales à cette époque.

Les morts ont le pouvoir
Elles permettront également de mieux comprendre les pratiques funéraires de ces sociétés préhispaniques. La disposition des corps, le choix des objets déposés et l’organisation spatiale de la tombe suggèrent en effet un système de croyances complexe, dans lequel la mort ne serait qu’une transition vers d’autres sphères où le statut social resterait primordial.









