Après le spectaculaire et désastreux cambriolage du 19 octobre 2025, la fermeture de la galerie Campana en novembre en raison de la « particulière fragilité de certaines poutres portant les planchers du deuxième étage de l’aile sud » et la fuite d’eau ayant endommagé de nombreux ouvrages dans la bibliothèque du département des Antiquités égyptiennes, la série noire continue au musée du Louvre, dont l’obsolescence des équipements et du bâtiment est régulièrement dénoncée par de nombreux salariés. Dans la nuit du jeudi 12 au vendredi 13 février, une fuite causée par un tuyau d’alimentation de chauffage dans une pièce technique a provoqué un dégât des eaux sur le plafond de la salle 707, à l’entrée du département des Peintures, dans l’aile Denon.
Constat en cours
Il s’agit d’un décor peint par Charles Meynier en 1822, Le Triomphe de la peinture française : apothéose de Poussin, de Le Sueur et de Le Brun. Le musée du Louvre a précisé dans un communiqué qu’un restaurateur s’était rendu sur place dès vendredi matin et avait constaté deux déchirures dans une même zone, provoquées par l’eau, ainsi que des soulèvements de la couche picturale sur le plafond et ses voussures. Une investigation plus précise se poursuit sur l’œuvre et sur le plafond. La salle a rouvert dans la journée du 13 février.

Tensions maximales et fraude colossale
Les salariés continuent de dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail et le manque d’entretien du musée au profit d’opérations plus médiatiques, multipliant depuis décembre les journées de grève. Lundi 16 février, les syndicats CGT Culture, CFDT Culture et Sud Culture ont exigé de rencontrer la présidente-directrice, Laurence des Cars, en assemblée générale, jeudi 19 février. Ce nouveau sinistre a eu lieu dans un contexte déjà très tendu et quelques jours après la révélation d’une importante fraude à la billetterie relatée par Le Parisien, qui aurait coûté 10 millions d’euros au musée du Louvre. Une dizaine de personnes, dont des agents du musée soupçonnés de complicité, ont été arrêtés mardi 10 février. Le château de Versailles aurait également subi le même type de fraude, caractérisée par la vente de faux billets et le surbooking de visites guidées.
À lire : Dossiers de l’Art n° 329, Les décors du Louvre, 80 p. 11 €.









