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Éditions Faton - Beaux Livres - Mars 2026 : les livres à ne pas manquer pour les amateurs d’archéologie

Mars 2026 : les livres à ne pas manquer pour les amateurs d’archéologie

De la chasse aux ossements de dinosaures aux mystérieux géoglyphes nazca, des femmes vikings à l’histoire de la conquête de l’Amérique du Nord, découvrez notre sélection de livres du mois.
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Sélection de livres pour les amateurs d'archéologie : ici détail de la couverture de Et le monde créa l'Occident de Joséphine Quinn

Sparte royale

Les spartiates

Au sein des couples de frères ennemis, l’un est souvent plus connu que l’autre. Entre Sparte et Athènes, la seconde a volontiers tiré vers elle la gloire et la victoire. Mais c’est Sparte qui a laissé dans les mémoires une réputation d’invincibilité. Éminent spécialiste du sujet, l’auteur de ce livre nous offre ici une synthèse remarquable non pas de la ville, mais de ses habitants – au premier rang desquels la mythique Hélène de Troie, Lycurgue ou évidemment Léonidas. Explorant ce grand siècle d’or (480-360 avant notre ère), il dévoile l’histoire de la puissante cité lacédémonienne qui, ne nous y trompons pas, était une machine de guerre, autoritaire, hiérarchique, répressive et profondément xénophobe. Il n’empêche qu’au fil des pages, nous (re-)découvrons les subtilités de sa culture religieuse, les évolutions de son système politique (une royauté), les ressorts de son organisation sociale (et la singulière place des femmes) ou son rôle dans les conflits antiques. Une lecture passionnante qui débarrasse de ses encombrants oripeaux une communauté souvent récupérée par l’histoire et la culture populaire. Éléonore Fournié

Les Spartiates, 2026, Paul Cartledge, Paris, Passés Composés, 300 p., 24 €.

Il était une fois en Amérique indigène !

Loin des clichés valorisant l’Occident par la « découverte » du Nouveau Monde et la conquête de l’Ouest, l’histoire considérée est ici celle qui appartient aux peuples autochtones nord-américains pendant les quatre siècles qui séparent la prise d’Hispaniola, en 1492, du massacre de Wounded Knee, le 29 décembre 1890. Des mythes d’origine introduisent aux croyances des nombreuses communautés indiennes présentes sur le territoire. Puis, au fil des pages, la réalité des nations indiennes s’affirme face aux envahisseurs européens, trop souvent décrits comme possédant une supériorité culturelle et technologique imparable. La rencontre, souvent guerrière mais aussi commerciale, spirituelle et culturelle, fut par moments violente. Des milliers d’engagements militaires ont été recensés dont les victoires se répartissent, cependant, équitablement. L’histoire est politique, faite de conflits, d’échanges et de collaborations, heureuses ou malheureuses ; l’histoire est affective aussi parfois, amicale ou amoureuse. Et, au-delà du continent nord-américain, la lutte des nations indiennes s’inscrit ainsi dans une histoire mondiale de l’humanité. Pascale Binant

Amérique continent indigène. Une autre histoire de la conquête de l’Amérique du Nord, 2025, Pekka Hämäläinen, Paris, Albin Michel, 576 p., 26,90 €.

Guerres celtes d’Orient

Deuxième volume d’une trilogie consacrée aux guerres celtiques, cet ouvrage dépoussière la présence des Celtes en Méditerranée orientale, de la fin du IVe siècle à 25 avant notre ère. Au fil de trois chapitres chronologiques, l’auteur montre comment cette puissance militaire redoutée s’est progressivement imposée face à ses adversaires (Illyriens, Thraces, Macédoniens, Grecs) dans les Balkans et en Asie Mineure. S’appuyant sur le renouveau des sources littéraires, archéologiques, épigraphiques, il décortique le contexte géopolitique de ces conflits (entre alliances stratégiques et rivalités), signale qu’ils furent d’abord motivés par l’appât du gain (plus que par les conquêtes territoriales), réévalue les capacités techniques militaires des Celtes, tente de comprendre la diversité de ces affrontements (qui n’étaient pas tous identiques dans leur nature et leurs objectifs), explique comment ils ont suivi les évolutions des structures du pouvoir celtiques ou souligne, encore et surtout, le rôle exact des fameux Galates, ces Celtes d’Asie Mineure, dans la (re-)configuration politique de cette région. Un livre dense mais nécessaire. Éléonore Fournié

Les guerres celtiques. II. L’Odyssée orientale, IVe-Ier siècle avant notre ère, 2025, Luc Baray, Chamalières, Lemme Edit, 695 p., 29 €.

Le plus grand des dinosaures

Fin du XIXe siècle aux États-Unis : deux savants se livrent à une guerre sans pitié demeurée dans les annales sous le nom de « guerre des os ». Elle a pour enjeu la découverte du plus grand nombre d’espèces de dinosaures possibles à l’époque où d’immenses gisements sont exhumés (notamment dans le Wyoming et le Dakota du Sud), et ce afin de régner sur la paléontologie naissante. Deux scientifiques américains s’affrontent, aussi féroces que singuliers : Charles Marsh (1831-1899) et Edward Cope (1840- 1897) qui, avides de reconnaissance, sont prêts à tout (vols, corruption, espionnage, meurtres…) pour parvenir à leurs fins. On dévore ce roman historique, hyper documenté et illustré de planches et de photographies d’époque, dépeignant des États-Unis en pleine mutation. Ils ont alors pour décor la fin de la guerre de Sécession, la ruée vers l’or, la conquête de l’Ouest, la pose de la première voie ferrée transcontinentale, et pour figures mythiques Buffalo Bill, le chef sioux Red Cloud, le général Custer ou encore le président Ulysses S. Grant… Qui sortit gagnant de cette guerre absurde, qui conduisit ces hommes à la ruine et à la folie ? La réponse adéquate est, on l’espère, la science. Éléonore Fournié

La guerre des os, 2026, Benjamin Hoffmann, Paris, Denoël, 368 p., 22 €.

Dans les plaines de l’Aisne

Vingt ans après le premier diagnostic conduit en février 2006 par la ville de Laon et le département de l’Aisne, sur la vaste parcelle du Pôle d’activités du Griffon (soit 150 ha), paraît cette dense monographie. Suivie par cinq fouilles préventives, menées en partenariat avec l’Inrap, la première opération ne laissait pas envisager la richesse de ce territoire dont on découvre l’étendue au fil de ces pages. Ce sont ainsi dix établissements ruraux à vocation agro-pastorale et artisanale (qui se développent du IIIe siècle avant notre ère au IVe siècle de notre ère) et sept nécropoles (avec 96 sépultures) de l’Âge du fer qui ont surgi de terre. Leur histoire, leur évolution, leur hiérarchisation, leurs interactions aussi sont ici minutieusement décrites, éclairant de manière synthétique l’évolution des sociétés rurales antiques sur ce territoire méconnu. Ce riche volume est complété de deux publications en ligne, la première rassemblant les études concernant les occupations artisanales et agro-pastorales, la seconde, un catalogue exhaustif des données funéraires. Éléonore Fournié

L’orge et le mouton. Vies et morts des paysans au nord de Laon il y a 2 000 ans, 2025, Alexandre Audebert et Estelle Pinard (dir.), Berneuilles, Revue archéologique de Picardie, numéro spécial 41, 344 p., 60 €.

Femmes vikings

Les Vikings sont à la mode : depuis quelques années, de nombreuses publications et expositions balayent les idées reçues les concernant ; dans ce grand ménage historique, les « femmes » (le terme étant si large !) occupent une nouvelle place. C’est le sujet de cet ouvrage, prolongement du documentaire réalisé par les auteurs et diffusé en 2025. Bien écrit, grand public, agrémenté de dessins noir et blanc et d’un cahier de photos couleur, il s’appuie sur des découvertes archéologiques récentes de tombes richement dotées (notamment sur le site de Seydisfjördur en Islande), sur les études ostéologiques des squelettes ou encore sur la relecture des sources plus anciennes – dont les sagas – pour souligner leur incontestable importance. Une vision plus juste et équitable tant dans le domaine de la mythologie, du droit, que dans celui des voyages et négoces au long cours à travers l’Europe et jusqu’en Amérique, ou encore dans le processus de christianisation de la société. Éléonore Fournié

Vikings. Enquête sur les femmes des terres gelées, 2025, Thomas Cirotteau, Lucie Malbos, Éric Pincas, Paris, Tallandier, 235 p., 20,90 €.

Écouter la Préhistoire

Chacun possède ses hyper-lieux, où l’ouïe précède le regard, où le moindre son nous transforme. « L’œil écoute », écrivait Paul Claudel. Le plasticien et musicien Benjamin Bondonneau livre ici un nouveau travail où sa maîtrise technique et gestuelle se met au service d’un projet : vivre une archéologie sonore. Lui qui fréquente les grottes et abris depuis son enfance, dont les doigts errent sur les touches de sa clarinette, explore et interroge ces chambres d’enregistrement de sons aujourd’hui disparus et qu’il tente de revivre intensément. Le lecteur découvrira, fasciné, des motifs iconiques et réinterprétés ainsi que les produits des propres visions de Benjamin Bondonneau, où les animaux s’étalent sur la page comme des gammes hybrides aux tempos rebondissants. Des artistes, des médiateurs et des préhistoriens, qu’il a interrogés et croqués, offrent un contrepoint bienveillant à ses rêveries. Textes, images, enregistrements sonores fournis sur le CD vendu avec le livre nous emportent et nous immergent dans les temps glaciaires. Une belle perte de repères et un agréable souvenir de lecture dont les sons nous poursuivent longtemps après avoir refermé le contenant. Romain Pigeaud-Leygnac

Paléophonies, sons fantômes et images hybrides, 2025, Benjamin Bondonneau, Sarlat, coéditions Le Chant du Moineau et Les Éditions du Ruisseau, 240 p., avec CD, 20 €.

L’Occident en question

La Grèce et la Rome antiques sont-elles vraiment les racines de la civilisation occidentale ? Ne serait-ce pas une vision figée de l’histoire que de s’y arrêter ? N’avaient-elles pas, elles aussi, des origines ? Par ailleurs, que signifie « civilisation occidentale » ? À quelle réalité, si elle existe, cette appellation fait-elle référence ? Les questions soulevées sont nombreuses, et les réponses plus encore ! Car c’est à une révision de notre approche de l’histoire autant que des mots avec lesquels elle est écrite que nous sommes ici conviés. Solidement documentée et argumentée, l’analyse du concept d’Occident, de son élaboration et de son évolution, est menée avec une érudition subtile de l’Âge du bronze à la « découverte » de l’Amérique. Nous embarquons au port de Byblos, 2 000 ans avant notre ère, apprenant comment et quand, au fil du temps, une telle cité a été mise en place. Et, parce que « nulle terre n’est une île », nous commençons un long voyage dont le maître mot est rencontre : quatre mille ans d’« une période d’enchevêtrement, dans laquelle les individus et les sociétés agissent et réagissent les uns par rapport aux autres ». Brillant. Pascale Binant

Et le monde créa l’Occident. Une nouvelle histoire des mondes anciens, 2025, Josephine Quinn, Paris, Éditions du Seuil, Coll. L’Univers Historique, 576 p., 29,90 €.

La femme nazca

Maria Reiche débarque au Pérou en 1935. Femme libre, intellectuelle, homosexuelle, elle ne se sent pas en phase avec son pays, l’Allemagne, et le nazisme qui s’y installe. Après une expérience malheureuse de gouvernante, elle enseigne les mathématiques. Mais c’est sa rencontre avec Paul Kook qui va changer sa vie : cet archéologue étudie la culture nazca. Ce mystérieux peuple disparu n’a pas laissé d’écriture mais des récits dessinés, les fameux géoglyphes, qui fascinent rapidement la jeune femme. Sans être archéologue, elle saisit vite la méthode, la rigueur et la curiosité nécessaires pour tenter de comprendre la signification de ces tracés – qu’elle mesure, dont elle cherche les meilleurs points d’observation, et qu’elle questionne en recueillant les récits des populations autochtones. Peu à peu, elle émet des hypothèses, depuis jamais remises en causes. Ces compositions formeraient un observatoire astronomique et un calendrier zodiacal indispensables aux croyances et aux rythmes agricoles des Nazca. Maria finit par s’installer près de ses géoglyphes et par y mourir à 95 ans. Outre ses travaux de recherche, on lui doit la préservation de sites incroyables qu’elle a protégés contre les propriétaires terriens qui voulaient en faire des champs de coton. Stéphane Dubreil

Lady Nazca, 2026, scénario et dessin Nicolas Destrellet, Charnay-lès-Mâcon, éditions Grand Angle, 112 p., 19,90 €.

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