Datées entre le XIIIᵉ et le XVIIIᵉ siècle d’après les premières analyses au carbone 14, elles correspondent au cimetière de l’hôtel-Dieu ou « cimetière des indigents », attesté sur un plan du Mans de 1736.
Des « sépultures de catastrophes » au Mans
Abritant près de 950 individus (hommes, femmes, enfants, immatures), cette nécropole, qui se poursuit également hors de l’emprise des fouilles conduites par l’Inrap, se distingue par le grand nombre de tombes multiples. Celles-ci rassemblent jusqu’à 20 individus et cherchent à exploiter au mieux l’espace disponible, les plus robustes placés en premiers, les enfants étant déposés ensuite au niveau des jambes. Identifiées comme des « sépultures de catastrophes », elles sont liées à des pics de mortalité, sans doute ici épidémiques.
Une opportunité remarquable
Quelques épingles et clous témoignent respectivement de rares linceuls et cercueils. Le mobilier associé est peu abondant : boucles de ceinture, bagues, deux vases à encens du XIVᵉ siècle. Cette découverte constitue une opportunité remarquable d’étude de l’état sanitaire de populations peu connues par les sources historiques. Les fouilles ont d’ailleurs mis en évidence, outre des murs de fondation de l’hôtel-Dieu, une portion de l’enceinte romaine, un tronçon du rempart médiéval dit de « Saint-Benoît » et un éperon défensif rajouté au XVIᵉ siècle.









