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Éditions Faton - Marché de l'art - Bilan du marché de l’art 2025 : la place de Paris demeure attractive

Bilan du marché de l’art 2025 : la place de Paris demeure attractive

Grâce à de belles redécouvertes en art ancien et moderne, le marché de l’art 2025 a été un assez bon cru dans un contexte politique et économique difficile. Et même si les collectionneurs français sont largement devancés par les acheteurs étrangers, la place de Paris est attractive, en particulier grâce à la variété de son offre.
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Lê Phô, Le Bain. Adjugé : 2 022 959 € le 13 mai chez Aguttes
Lê Phô (1907-2001), Le Bain (détail), vers 1938. Encre, gouache et couleurs sur soie, 61 x 45,5 cm. Estimé : 400 000/600 000 €. Adjugé : 2 022 959 € le 13 mai chez Aguttes. Photo service de presse. © Aguttes

N°1 sur le marché de l’art français, Sotheby’s devance Christie’s d’une courte tête

L’année 2024 avait été difficile pour la maison de Patrick Drahi qui avait accusé une chute de 88 % de ses bénéfices et de 25 % pour ses ventes publiques. Avec 440 M€ de chiffre d’affaires, soit 17 % de plus que l’année précédente (386,5 M€ pour les enchères et 52 M€ pour les ventes privées), un nouvel élan semble retrouvé. Le taux de lots vendus est le plus élevé jamais enregistré : 86 % dont 55 % au-dessus de leur estimation haute.

On a compté 35 enchères au-delà du million, avec notamment une Ferrari 250 LM by Scaglietti à 34,9 M€ et le tableau de Modigliani, Elvire en buste, adjugé 27 M€. Les meilleurs résultats ont été obtenus par les départements d’art moderne et contemporain, en hausse de 40 %, et de design avec un Bar aux Autruches de François-Xavier Lalanne parti pour 11,1 M€. L’année a été marquée par le succès de la dispersion de la collection napoléonienne de Pierre-Jean Chalençon qui a attiré 53 000 visiteurs et de celle de Manny Davidson qui a totalisé 20 M€.

Notons aussi que les ventes ont attiré un quart de nouveaux acheteurs dont 20 % sont américains. Inauguré il y a un an, le siège du 83 Faubourg Saint-Honoré, avec un salon dédié aux achats immédiats, se veut un véritable acteur de la vie culturelle parisienne. L’année a été historique pour le luxe, un segment en pleine croissance qui a rapporté 131,4 M€ avec des acheteurs de plus en plus jeunes. En juillet, Sotheby’s a vendu pour 8,6 M€ le premier sac Birkin de la maison Hermès créé pour Jane Birkin, un symbole devenu l’objet de mode le plus cher jamais vendu en Europe.

Amedeo Modigliani Elvire en buste vente Sotheby's 24 octobre 2025
Amedeo Modigliani (1884-1920), Elvire en buste, vers 1918-1919. Huile sur toile, 65,2 x 46,5 cm. Vente Paris, Sotheby’s, 24 octobre 2025. Estimé : 5,5/7,5 M€. Adjugé : 26 982 500 € (frais inclus). Photo service de presse. © Sotheby’s

Chez Christie’s, les volumes baissent mais les performances s’améliorent

Christie’s a engrangé 333,8 M€, hors ventes privées et voitures de collection, soit une baisse modeste de 8 %. Cela s’explique par une diminution du volume des ventes mais les performances sont meilleures. « Le prix moyen des lots vendus est de 73 000 € et le taux de vente, soit 87 %, a grimpé de cinq points par rapport à 2024. Les lots sont plus durement sélectionnés et justement estimés » résume la présidente Cécile Verdier.

Christie’s a proposé de très belles ventes de collections dans toutes les spécialités, en particulier celle de la collection Stern en fin d’année qui, dans un registre classique, a réussi à multiplier son estimation par 5. Le lot le plus important a été l’immense monochrome bleu d’Yves Klein (18,4 M€) que Christie’s a fait le pari de rapatrier à Paris d’outre-Atlantique. Comme chez Sotheby’s, l’année a été excellente pour le luxe avec notamment un record de 16,7 M€ pour une vente de bijoux en ligne.

Là encore, la majorité des acheteurs sont étrangers, dans un marché très globalisé, avec toutefois de grosses différences selon les disciplines (les acquéreurs sont essentiellement français dans la bibliophilie alors que le design est dominé par les Américains). Enfin pour bien démarrer l’année 2026, Christie’s a confisqué le salon Rétromobile à Artcurial.

D’après un modèle attribué à Francesco Fanelli, XVIIe siècle, Mercure et Cupidon. Adjugé : 1 768 000 € le 11 décembre chez Christie’s Paris
D’après un modèle attribué à Francesco Fanelli, XVIIᵉ siècle, Mercure et Cupidon. Bronze, H. 84,5 cm. Estimé : 80 000/120 000 €. Adjugé : 1 768 000 € le 11 décembre chez Christie’s Paris (collection Stern). Photo service de presse. © Christie’s Images Ltd, 2026

Artcurial en troisième position

La maison de l’Hôtel Dassault reste sur la 3e marche du podium avec un total de ventes de 208,5 M€, en hausse de 12 % par rapport à 2024, dont 15,2 M€ réalisés par la maison de ventes aux enchères suisse, Artcurial Beurret Bailly Widmer. Les ventes ont donné lieu à 66 préemptions, 19 enchères millionnaires et 35 prix records, parmi lesquels Cerf bramant suivi par une biche et son faon de Rembrandt Bugatti à plus d’1M€.

Rembrandt Bugatti, Cerf bramant suivi par une biche et son faon. Adjugé : 1 079 600 € le 5 juin chez Artcurial
Rembrandt Bugatti (1884-1916), Cerf bramant suivi par une biche et son faon, 1903. Bronze à patine noire, 36,7 x 84,5 x 23 cm. Signé, daté, numéroté et cachet du fondeur sur la terrasse « R.Bugatti 1903/CIRE/PERDUE/A.A HEBRARD/(1) ». Seul exemplaire connu à ce jour. Estimé : 650 000/850 000 €. Adjugé : 1 079 600 € le 5 juin chez Artcurial (record du monde pour un cervidé de l’artiste vendu aux enchères).

L’un des temps forts de l’année a bien sûr été la vente du « David et Goliath » de Guido Reni, dévoilé en partenariat avec Millon, qui a établi un record pour l’artiste à 12,4 M€ (mais les deux maisons de ventes ont choisi de présenter ce tableau « hors bilan »). Le département tableaux anciens dirigé par Mathieu Fournier continue de démontrer son dynamisme avec de belles collections comme la vente « Entre Ciel & Terre » où s’est distinguée une œuvre de Pieter Brueghel (2,9 M€).

Guido Reni, David contemplant la tête de Goliath. Adjugé : 12,4 M€ le 25 novembre chez Artcurial
Guido Reni (1575-1642), David contemplant la tête de Goliath. Huile sur toile, 227 x 145,5 cm. Estimé : 2/4 M€. Adjugé : 12,4 M€ le 25 novembre chez Artcurial (en collaboration avec Millon). Photo service de presse. © Artcurial

Des résultats en hausse pour Millon, en baisse pour Bonhams Cornette de Saint Cyr

Suivent le groupe Millon (145 M€, + 20 %) en pleine progression grâce à son déploiement européen, avec pas moins de 503 ventes dont 132 à Milan, et Bonhams Cornette de Saint Cyr (83 M€) qui accuse une baisse de 15 % malgré une forte présence dans les arts du XXe siècle et le développement de son pôle luxe. Aguttes consolide sa croissance avec un chiffre de 62 M€, tout en maintenant son leadership sur les peintres d’Asie.

Paire de chimères en bronze, époque Qianlong. Adjugé 4 065 600 € le 11 juin chez Bonhams
Paire de chimères (bixie) en alliage de bronze massif, époque Qianlong (1736-1795). Estimé : 300 000/500 000 €. Adjugé 4 065 600 € le 11 juin chez Bonhams Cornette de Saint Cyr. Photo service de presse. © Bonhams Cornette de Saint Cyr

De très bons résultats pour le groupe Drouot

Le total est très satisfaisant pour le groupe Drouot qui affiche 769 millions d’euros (+ 16 % par rapport à 2024) : au produit des ventes in situ à l’hôtel Drouot et Drouot Bagnolet (384,8 M€), s’ajoute celui des ventes en ligne sur sa plateforme digitale, en progression de 43 % (384,2 M€), venant de maisons françaises ainsi qu’européennes. Le groupe double ainsi son résultat qui est en réalité un peu biaisé.

Grâce à plusieurs découvertes majeures, Drouot a retrouvé cette année une place de premier plan. Parmi elles, des objets historiques comme le sabre de Napoléon offert au maréchal Emmanuel de Grouchy (4,6 M€ chez Giquello), un dessin inédit de Daniele de Volterra, élève de Michel-Ange (4,1 M€ chez Millon), et surtout un chef-d’œuvre cubiste de Picasso, Buste de femme au chapeau à fleurs (Dora Maar) de 1943 (32 M€), la plus haute enchère de l’année en France, vendu par l’étude Lucien.

L’un des atouts majeurs de Drouot est de bénéficier du réseau notarié qui ouvre la porte à la dispersion de successions. La fin de l’année a été marquée par la vente du fonds d’atelier Percier et Fontaine provenant de la descendance d’Aimée-Sophie Dupuis, fille unique de Pierre Fontaine, architecte de Napoléon (1,7 M€ chez Thierry de Maigret, suscitant 110 préemptions).

Nicolas Noël Boutet et manufacture de Versailles, sabre de Napoléon Ier. Adjugé : 4 663 891 € le 22 mai chez Giquello à l’hôtel Drouot
Nicolas Noël Boutet (1761-1833) et manufacture de Versailles, sabre d’inspiration turque « à la Marengo » de Napoléon Ier offert au maréchal Emmanuel de Grouchy en 1815, Consulat-premier Empire, vers 1803-1804. Monture en vermeil, fusée en bois à plaquettes de nacre, lame damas courbe à pans creux, fourreau en bois gainé de galuchat et chappe en vermeil. Estimé : 700 000/1 000 000 €. Adjugé : 4 663 891 € le 22 mai chez Giquello à l’hôtel Drouot. Photo service de presse. © Drouot / Giquello

Top 5 des SVV françaises en 2025

(en millions d’euros, frais inclus, hors ventes privées)

Rang SVV Total en 2025 Progression par rapport à 2024, en %
1 Sotheby’s 386,5 + 6
2 Christie’s 333,8 – 8
3 Artcurial 208,5 + 12
4 Millon 145 + 20
5 Bonhams Cornette de Saint Cyr 83 – 15

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