Les calques des victimes de l’éruption du Vésuve, célèbres moulages réalisés à Pompéi depuis le XIXe siècle, constituent le plus bouleversant témoignage de la tragédie qui s’est abattue sur la ville, ce jour de l’année 79 de notre ère. Leur contemplation nécessite à la fois une mise en contexte et un travail de mémoire, afin de rendre hommage aux milliers de victimes qu’ils représentent. Ce double objectif a conduit le parc archéologique de Pompéi à inaugurer une galerie, dans la grande palestre, relatant le déroulement de l’éruption et rappelant l’histoire de ces extraordinaires calques.

Les bouleversants calques des victimes
Les visiteurs parcourent d’abord, dans le portique sud, une section de volcanologie consacrée au Vésuve, à son éruption et à la façon dont elle a détruit Pompéi. Dans le portique nord, après la présentation de quelques pièces de mobilier, vingt-deux calques de victimes retrouvées dans les ruines de Pompéi – les mieux conservés – sont exposés. Ces témoignages d’un genre unique portent une charge émotionnelle dont le parcours muséal tient compte en racontant la prouesse technique qui a rendu leur existence possible et en faisant de cette salle, que les visiteurs choisissent ou non de visiter, un sanctuaire dédié à la mémoire des victimes de l’éruption.
« Nous pouvons voir dans les moulages d’enfants, de femmes et d’hommes morts en 79 après J.-C. notre fragilité, notre humanité et notre vulnérabilité. D’une rencontre respectueuse avec ces témoignages, que nous avons tenté de rendre possible grâce à cette nouvelle exposition, peut émerger un message profond : la vie est précaire, précieuse, la vie est belle. »
Gabriel Zuchtriegel, directeur général du parc archéologique de Pompéi









