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Éditions Faton - Acquisitions - Collection Veil-Picard : le Louvre et Versailles s’offrent des chefs-d’œuvre du siècle des Lumières

Collection Veil-Picard : le Louvre et Versailles s’offrent des chefs-d’œuvre du siècle des Lumières

Tous les amateurs du siècle des Lumières guettaient la dispersion de chefs-d’œuvre de l'insigne collection Veil-Picard, orchestrée chez Christie's à Paris le 25 mars. Réunissant des toiles et dessins de maîtres du XVIIIᵉ siècle qui n’avaient pas été montrées depuis plusieurs décennies, elle a donné lieu à de remarquables enrichissements des collections nationales.
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Hubert Robert Paire de tableaux représentant Madame Geoffrin préemption Louvre vente collection Veil-Picard mars 2026
Hubert Robert (1733-1808), Un Artiste présente un portrait à Madame Geoffrin et Le Déjeuner de Madame Geoffrin, 1771. Huile sur toile, 66,5 x 58,7 cm (chacun). Vente Paris, Christie's, 25 mars 2026. Estimé : 800 000-1 200 000 €. Adjugé : 2 439 000 € (frais inclus). Préemption du musée du Louvre grâce au mécénat de la Société des Amis du Louvre. Photo service de presse. © Christie’s Images Ltd

Le nom d’Arthur Veil-Picard (1854-1944) est synonyme de goût sûr et de choix éclairés. Son éminente collection de tableaux et de dessins du siècle des Lumières est restée en majeure partie préservée depuis l’après-guerre, une fois les œuvres saisies par les nazis restituées à sa famille, en 1946. Bien connue des historiens de l’art, elle demeurait pourtant jusqu’à aujourd’hui à l’abri des regards. Mercredi 25 mars, Christie’s a dispersé trente peintures et dessins de cet insigne ensemble, dont des œuvres de Fragonard, Watteau, Robert, Moreau le Jeune et Vigée Le Brun. Très judicieusement, le musés du Louvre et le château de Versailles n’ont pas manqué cette opportunité unique d’enrichir leurs collections.

La célèbre Madame Geoffrin entre au Louvre

La vacation proposait une paire de tableaux signés Hubert Robert (1733-1808), Le Déjeuner de Madame Geoffrin et Un Artiste présente un portrait à Madame Geoffrin. Exposés au Salon de 1771, ils furent commandés à l’artiste par l’influente Thérèse Geoffrin, dont le Salon, très couru, fut fréquenté par les plus brillants esprits du XVIIIe siècle. Estimée 800 000 à 1,2 million d’euros et adjugée 2,439 millions d’euros (frais inclus), la paire, qui gagnera les cimaises du musée du Louvre grâce au mécénat de la Société des Amis du Louvre, représente la commanditaire dans son hôtel particulier, aux murs desquels Robert a habilement placé un paysage de sa main. Ces tableaux feront écho à plusieurs pièces ayant appartenu à la fameuse salonnière, à l’image de l’exceptionnel service à dessert en porcelaine de Vienne, envoyé à Madame Geoffrin par l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche après leur rencontre, acquis par dation en 2020.

Hubert Robert Le Déjeuner de Madame Geoffrin préemtion Louvre vente collection Veil-Picard mars 2026
Hubert Robert (1733-1808), Le Déjeuner de Madame Geoffrin. Huile sur toile, 66,5 x 58,7 cm. Vente Paris, Christie’s, 25 mars 2026. Estimé : 800 000-1 200 000 €. Adjugé : 2 439 000 € (frais inclus). Préemption du musée du Louvre grâce au mécénat de la Société des Amis du Louvre. Photo service de presse. © Christie’s Images Ltd

Les souvenirs d’une fête royale pour Versailles

Les feuilles acquises par le musée national du château de Versailles sont tout aussi célèbres que la paire de tableaux rejoignant le Louvre, et d’un double intérêt patrimonial, historique et artistique. Signées Jean-Michel Moreau le Jeune (1741-1814), dessinateur des Menus-Plaisirs, et datées 1783, ces deux paires de dessins représentent les fêtes organisées par la ville de Paris à la demande de Louis XVI pour célébrer la naissance du Dauphin Louis-Joseph, le 21 octobre 1781. Ces quatre dessins préparent les estampes commandées par la municipalité pour conserver le souvenir de cet événement, qui eut lieu les 21 et 23 janvier 1782.

Moreau le Jeune L'Arrivé de la reine à l'hôtel de ville, Le feu d'artifice préemption Versailles vente collection Veil-Picard mars 2026
Jean-Michel Moreau le Jeune (1741-1814), L’Arrivée de la reine à l’Hôtel de Ville et Le Feu d’artifice, 1783. Plume et encre noire, lavis gris (le second rehaussé de blanc), 45,6 x 72,9 cm (chacun). Vente Paris, Christie’s, 25 mars 2026. Estimé : 300 000-500 000 €. Adjugé : 381 000 € (frais inclus). Préemption du musée national du château de Versailles. Photo service de presse. © Christie’s Images Ltd

Louis XVI et Marie-Antoinette célébrés

La plus grande paire figure l’arrivée de la reine à l’Hôtel de Ville, le carrosse de Marie-Antoinette étant entouré d’un immense cortège, et le feu d’artifice tiré depuis un temple néoclassique dressé, le temps des festivités, sur la place de l’Hôtel de Ville. Moreau le Jeune brosse avec maestria la magie du spectacle éphémère et le ciel traversé par les lumières des fusées. La seconde paire montre le festin du 21 janvier 1782 et le bal donné deux jours plus tard, qui se tinrent tous deux dans une haute salle elle aussi éphémère.

Moreau le Jeune Le Bal masqué Le Festin préemption Versailles vente collection Veil-Picard mars 2026
Jean-Michel Moreau le Jeune (1741-1814), Le Festin royal et Le Bal masqué, 1783. Plume et encre noire, lavis gris, rehaussé de blanc, 45,6 x 36,4 cm (chacun). Vente Paris, Christie’s, 25 mars 2026. Estimé : 80 000-120 000 €. Adjugé : 254 000 € (frais inclus). Préemption du musée national du château de Versailles. Photo service de presse. © Christie’s Images Ltd
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