En 2023, les vestiges de Koh Ker, au Cambodge, ont été inscrits au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Cette ancienne rivale d’Angkor fut la capitale de l’empire khmer de 928 à 944. Le roi Jayavarman IV y avait fait ériger le temple du Prasat Thom, au cœur duquel se trouvait un ensemble sculpté représentant la victoire de Śiva sur la mort. La statue du dieu constituait une prouesse : taillée dans un seul bloc de grès, elle mesurait plus de 5 mètres de haut, pour un poids total de 7 tonnes. Brisée au XIVe ou au XVe siècle, la statue a particulièrement souffert de la fin des années 1960 aux années 1990, le site de Koh Ker ayant alors été la cible de nombreux pillages.
Un colosse en mille morceaux
2 750 fragments sculptés du Śiva de Koh Ker ont été recensés après les fouilles de sauvetage. C’est un véritable puzzle colossal que les restaurateurs ont reconstitué grâce au projet mené par l’École française d’Extrême-Orient entre 2019 et aujourd’hui, après une longue phase d’étude débutée en 2012. Plusieurs défis ont dû être relevés : la consolidation des blocs de grès fragilisés, le réassemblage des principaux fragments et la restitution des parties manquantes. Le Śiva restauré a été dévoilé le 18 mars dans les locaux de la conservation d’Angkor à Siem Reap, où un atelier de restauration hors normes avait été installé pour mener à bien cette renaissance.










