Quatre mois après le « casse du siècle », très affaiblie par les nombreuses crises qui n’en finissent plus de secouer le Louvre, Laurence des Cars a finalement jeté l’éponge. Un communiqué publié par l’Élysée le 24 février en fin d’après-midi annonce sa démission. Saluant « un acte de responsabilité », le président de la République y souligne « le besoin d’apaisement et d’une nouvelle impulsion forte pour mener à bien des grands chantiers de sécurisation, de modernisation et le projet « Louvre – Nouvelle Renaissance ». » Âgée de 59 ans, Laurence des Cars devrait se voir confier « une mission dans le cadre de la présidence française du G7 sur la coopération entre les grands musées des pays concernés. »
Laurence des Cars : première présidente du Louvre
Spécialiste de l’art du XIXᵉ siècle et du début du XXᵉ siècle, Laurence des Cars avait rejoint en 2007 l’agence France Muséums en tant que directrice scientifique, et c’est sous sa houlette que furent constituées les premières collections du Louvre Abu Dhabi. En 2014, elle retourne à ses premières amours en prenant la tête du musée de l’Orangerie, avant d’être nommée, en 2017, à la présidence du musée d’Orsay. Succédant à Guy Cogeval, elle a alors la charge d’une institution marquée par une fin de mandature difficile. Le 26 mai 2021, Emmanuel Macron avait décidé de lui confier la présidence du musée du Louvre : Laurence des Cars était alors devenue la première femme à diriger cette prestigieuse institution.
Quasi grand-chelem pour Christophe Leribault
La démission de Laurence des Cars devrait, selon la ministre de la Culture également sur le départ, permettre au musée « d’ouvrir un nouveau chapitre de son histoire ». Un nouveau chapitre qui, s’écrira avec Christophe Leribault. Le président de l’Établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles depuis 2024 s’est officiellement vu confier les rênes du Louvre ce matin en Conseil des ministres. Ce spécialiste de Jean-François de Troy (1679-1752) devient ainsi, à l’âge de 62 ans, l’unique conservateur à avoir réussi un quasi grand-chelem : présider aux destinées des musées du Louvre, de Versailles (2024-2026) et d’Orsay (2021-2024).

Annick Lemoine : de Rome…
Une autre nomination très attendue a par ailleurs été officialisée ce matin. Directrice du Petit Palais depuis 2022, Annick Lemoine, 57 ans, devrait bientôt traverser la Seine. La ministre de la Culture vient en effet d’annoncer l’arrivée de cette conservatrice générale du patrimoine à la présidence de l’Établissement public des musées d’Orsay et de l’Orangerie – Valéry Giscard d’Estaing, vacante depuis la disparition brutale de Sylvain Amic en août dernier. Spécialiste du peintre Nicolas Régnier (1588-1667), elle a notamment dirigé le département d’histoire de l’art de l’Académie de France à Rome avant de prendre la direction scientifique du Festival de l’histoire de l’art.
… à Orsay
Elle est appelée, en 2018, à la tête du musée Cognacq-Jay, avant d’entrer au Petit Palais, quatre ans plus tard. Elle quitte aujourd’hui la direction du musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris auréolée du succès de grandes expositions, à l’image de celles consacrées à Sarah Bernhardt, Ribera, Worth, ou encore, très récemment, Greuze. Annick Lemoine prendra ses fonctions aux commandes de l’ancienne gare d’Orsay le 19 mars prochain.










