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Éditions Faton - Acquisitions - La National Gallery of Art de Washington acquiert son premier Artemisia Gentileschi

La National Gallery of Art de Washington acquiert son premier Artemisia Gentileschi

La National Gallery of Art de Washington enrichit sa collection de peintures baroques italiennes d’une œuvre majeure : Marie-Madeleine en extase d’Artemisia Gentileschi vient d'être achetée grâce aux fonds provenant d'un mécénat privé. L'institution américaine la place, à juste titre, au rang de ses acquisitions les plus importantes, les œuvres de l’artiste italienne demeurant rares sur le marché et ce tableau étant considéré comme l’un de ses chefs-d’œuvre.
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Artemisia Gentileschi Marie-Madeleine en extase National Gallery Washington
Artemisia Gentileschi (1593-après 1654), Marie-Madeleine en extase, vers 1625. Huile sur toile, 81 x 105 cm. Washington, National Gallery of Art. © NGA Images

De récentes recherches et de nombreuses expositions ont fait d’Artemisia Gentileschi (1593-après 1654) l’une des artistes les plus recherchées de notre époque. L’acquisition, avec l’aide de la galerie Colnaghi, de sa Marie-Madeleine en extase, est donc particulièrement importante pour la National Gallery of Art de Washington, qui exposera le tableau, dès la fin février, dans les salles de peinture italienne. Réapparu en 2011 dans une collection privée française, il avait été acquis en 2014 chez Sotheby’s par une collection privée européenne pour 865 500 euros (frais inclus), établissant alors un record pour l’artiste, désormais détenu, depuis le 4 février dernier, par un autoportrait (voir encadré plus bas).

« Nous sommes ravis d’annoncer l’acquisition de cette œuvre d’Artemisia Gentileschi, l’une des artistes les plus importantes du XVIIe siècle. Cette acquisition, une représentation de la Madeleine, est unique par sa composition et son gros plan sur la figure, illustrant la force narrative de l’œuvre d’Artemisia Gentileschi au sommet de sa carrière. »
Carmen Ramos, conservatrice en chef de la National Gallery of Art

Une artiste accomplie

Les historiens de l’art datent Marie-Madeleine en extase d’environ 1625. Artemisia Gentileschi vivait alors à Rome, sa ville natale, qu’elle avait quittée pour Florence durant sept ans, de 1613 à 1620. Là, sa peinture avait gagné en maturité et s’était résolument tournée vers un caravagisme maîtrisé et des choix iconographiques affirmés, mettant en lumière les femmes fortes. La seconde période romaine, après son retour dans la ville en 1620, est considérée comme l’apogée de sa carrière, ses œuvres atteignant alors un sommet d’expressivité, portées par une palette subtile et des figures puissantes.

Artemisia Gentileschi Marie-Madeleine en extase (détail)
Artemisia Gentileschi (1593-après 1654), Marie-Madeleine en extase (détail), vers 1625. Huile sur toile, 81 x 105 cm. Washington, National Gallery of Art. © NGA Images

Gros plan sur Marie-Madeleine

L’artiste a représenté la sainte en gros plan, dénuée de ses habituels attributs. Peut-être s’est-elle inspirée du tableau peint par Caravage en 1606, dont la composition est proche, quoique différente. Le père d’Artemisia, Orazio Gentileschi (1563-1639), connaissait Caravage, aussi la jeune femme eut-elle sans doute l’occasion de voir ses tableaux avant son départ pour Naples, en 1606 justement. Les mains jointes, comme endormie, la Marie-Madeleine d’Artemisia Gentileschi accueille sa conversion dans la sérénité, baignée de lumière dorée.

Michelangelo Merisi, dit Caravage Marie-Madeleine en extase
Michelangelo Merisi, dit Caravage (1571-1610), Marie-Madeleine en extase, 1606. Huile sur toile, 106 x 91 cm. Collection particulière. © DR

Nouveau record pour Artemisia

Passé en vente chez Christie’s, à New York, le 4 février dernier, l’Autoportrait en sainte Catherine d’Alexandrie a atteint l’enchère record de 5,687 millions de dollars (frais inclus), soit environ 4,8 millions d’euros. Le tableau est l’un des cinq autoportraits connus de l’artiste et sans doute le plus ancien, réalisé pendant son séjour florentin, vraisemblablement vers 1613. Artemisia Gentileschi se représente ici tenant une palme de martyre, portant une couronne et un manteau brodé, devant une roue brisée hérissée de pointes de fer, emblème du martyre de sainte Catherine.

Artemisia Gentileschi Autoportrait en sainte Catherine d'Alexandrie record
Artemisia Gentileschi (1593-après 1654), Autoportrait en sainte Catherine d’Alexandrie, vers 1613. Huile sur bois, 32,3 x 24,6 cm. Vente Christie’s, New York, 4 février 2026. Estimé : 2,5/3,5 M$. Adjugé : 5,687 M$.
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