C’est en sollicitant le portail en ligne de Christie’s afin d’obtenir une estimation de cette petite feuille appartenant à sa grand-mère que l’heureux propriétaire a découvert être en possession d’une étude inédite de Michel-Ange pour le plafond de la chapelle Sixtine. Les spécialistes ont en effet très vite reconnu la main du génie italien, confirmée par une minutieuse expertise.

Un pied au Metropolitan Museum of Art
Giada Damen, experte au département des dessins anciens de Christie’s à New York, a notamment rapproché l’esquisse d’une célèbre feuille du maître de la Renaissance conservée au Metropolitan Museum of Art où figurent de nombreux détails relatifs à la Sibylle de Libye dont… son pied gauche !
Sur le bout des orteils
La position de ce pied, représenté ici avec virtuosité en quelques traits assurés, a été modifiée lors du transfert sur le plâtre encore humide du plafond de la chapelle. La comparaison avec la fresque montre en effet que le talon de la Sibylle est bien plus surélevé par rapport au sol, de sorte que son poids repose presque entièrement sur les orteils.

Le plafond de la chapelle Sixtine : chef-d’œuvre de la Renaissance italienne
Ce chef-d’œuvre de la peinture de la Renaissance italienne réalisé par Michel-Ange entre 1508 et 1512 pour le pape Jules II met en scène cinq Sibylles (de Libye donc, de Delphes, de Cumes, de Perse et d’Érythrée) assises sur des trônes. Elles se partagent les longs côtés de l’édifice avec sept prophètes (Zacharie, Isaïe, Daniel, Jonas, Jérémie, Ézéchiel et Joël).
Un précédent record
Les amateurs de dessins anciens avaient encore en mémoire le précédent record atteint par un autre dessin de l’artiste florentin. Une grande étude à la plume et à l’encre brune, représentant un homme nu debout encadré par deux autres personnages, avait été adjugée 23,162 millions d’euros (frais inclus) chez Christie’s à Paris le 18 mai 2022 (soit 24,3 millions de dollars de l’époque).
Une dizaine de dessins en mains privées
D’après les spécialistes, une dizaine de dessins attribués à Michel-Ange se trouve aujourd’hui encore en mains privées. Une extrême rareté qui explique en partie les prix atteints lors des ventes aux enchères.

À lire :
Jean-René Gaborit
Les sculptures de Michel-Ange – Le vrai, l’incertain et le faux
528 p., 59 €.
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