Parce que la distinction, ça compte. Ça compte énormément même. Y compris chez ces bestioles auxquelles le Livre de l’Exode attribue un rôle non négligeable dans la brillante entreprise d’intimidation excogitée par la Puissance céleste pour faire fléchir Pharaon.
La sauterelle, huitième plaie d’Égypte
Le lecteur cultivé se souviendra en effet que notre insecte, antépénultième plaie, déferla sur l’Égypte après la grêle mais avant les ténèbres, au grand dam de Yul Brynner, l’inoubliable Pharaon des Dix Commandements de Cecil B. DeMille. Par où l’on voit qu’aux États-Unis, pays de mœurs légères et de traditions incertaines, un homme peut se prénommer Cecil.
Un minuscule jaspe gravé
Mais revenons au beau caillou que vous avez sous les yeux. Ce minuscule morceau de jaspe jaune marbré – il ne mesure guère plus de 2,1 cm – fut délicatement gravé d’une sauterelle au Ve siècle avant notre ère. Les spécialistes attribuent volontiers ce remarquable travail à Dexamenos de Chios, l’un des maîtres de la glyptique de l’époque classique. Voire – et c’est là la preuve d’une imagination qu’aucun frein ne tempère – à l’un de ses proches collaborateurs.
Un demi-million de dollars
Quoi qu’il en soit de l’identité de l’artiste qui grava cette intaille, sachez qu’elle fut vendue le 29 avril 2019 chez Christie’s à New York pour un demi-million de dollars. Cinq cent dix-neuf mille (519 000) dollars très exactement. Le lendemain, l’empereur du Japon Akihito abdiquait. Et l’on prétend bien sûr qu’aucun lien ne relie ces deux événements.
PS : Eh oui, chiote est bien l’adjectif (et le gentilé) de Chios.
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